Je n’aime pas du tout qu’on m’enferme », lâche Bernardo Sandoval avec aplomb. Plus qu’une revendication, voilà l’empreinte même de ce musicien flamenco dont la notoriété, bien que peu relayée par les médias, a grandi. Espagnol enraciné à Toulouse, le guitariste et chanteur a déjà vingt ans de carrière, jalonnée de prix, d’albums, de tournées et de bandes originales de films (il obtient en 1998 un César pour la musique de Western, de Manuel Poirier). Depuis toujours, un vent de liberté préside à l’élaboration de sa musique, certes fondée sur le flamenco, « la mère nourricière », mais ouverte sur tant d’autres sonorités. Avec Negriluz, son dernier album, Sandoval échappe encore une fois à « l’intégrisme » du flamenco. C’est au Togo et au Bénin qu’il est allé puiser son inspiration. Loin de la mélancolie qui caractérisait ses précédents albums, le musicien apprivoise en toute sérénité, et avec un raffinement infini, les rythmes vaudous africains pour créer une musique de rencontre et de partage.
Frédérique Briard